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Sénégal : Le Covid19 étouffe les ménages et fait chuter les prévisions de croissance à 0,7%

Durement touchée par le Covid19, l’économie sénégalaise table sur un faible taux de croissance de 0,7 %, pour l’année 2020. En dépit de la lente reprise des activités économiques et à la faveur de la mise en œuvre du Programme de résilience économique et sociale (PRES). Image: Alexandros Dimitri Karantges sur Unsplash

Durement touchée par le Covid19, l’économie sénégalaise table sur un faible taux de croissance de 0,7 %, pour l’année 2020. En dépit de la lente reprise des activités économiques et à la faveur de la mise en œuvre du Programme de résilience économique et sociale (PRES). Image: Alexandros Dimitri Karantges sur Unsplash

Par Amadou Ba. Durement touchée par le Covid19, l’économie sénégalaise table sur un faible taux de croissance de 0,7 %, pour l’année 2020. En dépit de la lente reprise des activités économiques et à la faveur de la mise en œuvre du Programme de résilience économique et sociale (PRES).

La crise sanitaire mondiale liée au Covid-19 entraine de graves conséquences économiques. Et le Sénégal n’est pas épargné. Selon les dernières prévisions du FMI, la croissance du PIB va infléchir, à 0,7%, pour l’année 2020, alors que le pays escomptait au moins 6,8% avant la crise sanitaire. « L’économie sénégalaise a été durement touchée par la pandémie de COVID-19 : il est maintenant prévu que le PIB réel se contractera de 0,7 % cette année, du fait de la pandémie et des mesures strictes d’endiguement qui ont entraîné des perturbations de l’activité économique plus importantes que prévu », a déclaré Mme Corinne Deléchat, la cheffe de division du FMI pour l’Afrique. Elle effectuait une visite virtuelle du 9 au 18 septembre 2020.

Les chiffres du drame, Les chiffres de la crise, etc. A lire les unes des journaux dakarois rivaliser d’emphase, on mesure les conséquences néfastes du Covid19 sur l’économie et les ménages sénégalais.

De nombreux secteurs de l’économie : transport aérien, tourisme, commerce sont particulièrement touchés. Celui du tourisme, qui représente 6,3% du PIB, a perdu des recettes d’exploitation qui s’élèvent à 350 milliards de francs CFA. Les responsables des réceptifs hôteliers ne savent plus où donner de la tête. Rien que dans la station touristique de Saly, située à 80 kilomètres au sud de Dakar et à 15 minutes du nouvel aéroport du Sénégal, plus de 1000 employés ont été licenciés depuis l’apparition de la pandémie dans le pays. Le chiffre est multiplié par deux s’agissant des travailleurs saisonniers.

Les membres de la Fédération des organisations patronales de l’industrie touristique du Sénégal (Fopits), se sont retrouvés ce 22 septembre au King Fahd Palace hôtel, sous la présidence de Mamadou Racine Sy, pour échanger sur leur situation et sur les mesures à prendre. Ils demandent par ailleurs à l’Etat de leur accorder des exonérations fiscales.

Le trafic aérien n’est pas en mieux lotie, qui connaît une forte baisse de 50,98% du nombre de passagers enregistré à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) à l’issue du premier semestre 2020 comparé à la même période de l’année 2019, selon les données établies par l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA). Toutefois, les vols internationaux ont repris depuis le 15 juillet.

Dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration, les pertes cumulées de recettes ont atteint 96 milliards de francs CFA, indique le Ministère sénégalais de l’Economie, du Plan et de la Coopération.

Cette même tendance baissière est également notée s’agissant des importations et des exportations. Évaluées au mois d’avril 2002 à 136,2 milliards de francs CFA contre 274,1 milliards de francs CFA au mois de janvier de la même année, les exportations du Sénégal ont connu un fléchissement de 50,3%. 

Pertes de recettes et d’emplois

L’apparition du Covid-19 a modifié radicalement les perspectives économiques, financières et budgétaires du Sénégal pour l’année 2020. Quasiment aucun domaine de l’économie sénégalaise n’est épargnée. Pour faire face à cette situation et favoriser une reprise rapide, le gouvernement a dès lors procédé à une révision de son budget par ordonnance n°07-2020 modifiant la loi n°2019-17 du 20 décembre 2019 portant loi de finances pour l’année 2020 afin de prendre en charge le Programme de résilience économique et sociale (PRES) lancé par le président de la République, Macky Sall, dans le cadre du plan de riposte face à la crise engendrée par la pandémie. Ce plan est financé par le Fonds de riposte contre les effets du Covid-19 dénommé « Force Covid-19 » doté de 1 000 milliards de francs CFA.

Il est articulé autour de 3 composantes : soutien au secteur de la santé ; renforcement de la résilience sociale des populations ; stabilité macroéconomique et financière pour soutenir le secteur privé et maintenir les emplois. C’est ainsi qu’une somme de 69 milliards de francs CFA a été distribuée à un million de ménages sous forme d’aides alimentaires. De même, l’Etat a supporté pour 18,5 milliards de francs CFA la consommation d’eau et d’électricité pour les familles les plus pauvres.

Dans les villes mais surtout à l’intérieur du pays, les ménages sont durement affectés par le covid19 et les mesures de restrictions (limitation des déplacements, couvre-feu, état d’urgence sanitaire, etc.). Dans un rapport de suivi de l’impact du Covid19 sur les ménages, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), 85% des ménages affirment avoir subi une baisse de leur revenus à cause de l’apparition du coronavirus. L’étude qui couvre la période allant du 3 au 19 juillet 2020, indique que les travailleurs dans les services, le commerce, l’Administration publique, les transports et les communications, les mines et carrières figurent parmi les plus touchés.

Cette enquête réalisée auprès de 1.220 ménages évoque également les difficultés d’accès aux services de base, aux produits alimentaires et à la santé. D’après cette étude, 36% des chefs de ménage ont perdu leur emploi, dont 30 pour des motifs liés au Covid19.

Durant la même période, les transferts d’argent depuis le Sénégal ont également connu une baisse de 82%, tandis que ceux provenant de l’étranger se sont contractés de l’ordre de 80%.

Aujourd’hui, malgré une lente reprise des activités économiques et à la faveur de la mise en œuvre du PRES, pour 2020, le taux de croissance du PIB n’atteindra même pas 1%. Depuis l’annonce du premier cas de coronavirus, le 2 mars 2020, le Sénégal compte à la date du 23 septembre 2020, 14 795 cas déclarés positifs, dont 11 718 guéris et 303 décédés.

 

Diplômé du CESTI- Centre d’études des sciences et techniques de l’information de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Amadou BA est un journaliste-chercheur et formateur sénégalais en Médias et communication. Avec une expérience professionnelle de plus d’une dizaine d’années dans la presse sénégalaise, il est passé par le magazine dakarois d’informations générales, Nouvel Horizon, Le Journal de l’économie sénégalaise (Lejecos.com), Ouest TV, entre autres médias..

Vous pouvez lire l’article en espagnol ici.

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