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Afrique – Migration : quand les mêmes causes poussent les jeunes sur les chemins de l’émigration

L’apparition de la pandémie du coronavirus et les fermetures de frontières qui s’en sont suivies n’ont pas freiné la migration de jeunes Africains vers l’Europe. Au contraire. Comme par le passé, ils sont poussés sur les chemins de l’émigration illégale par l’instabilité politique, la crise sécuritaire et la recherche d’un meilleur bien-être. Image : Coast Guard News sur Flickr

L’apparition de la pandémie du coronavirus et les fermetures de frontières qui s’en sont suivies n’ont pas freiné la migration de jeunes Africains vers l’Europe. Au contraire. Comme par le passé, ils sont poussés sur les chemins de l’émigration illégale par l’instabilité politique, la crise sécuritaire et la recherche d’un meilleur bien-être. Image : Coast Guard News sur Flickr

L’apparition de la pandémie du coronavirus et les fermetures de frontières qui s’en sont suivies n’ont pas freiné la migration de jeunes Africains vers l’Europe. Au contraire. Comme par le passé, ils sont poussés sur les chemins de l’émigration illégale par l’instabilité politique, la crise sécuritaire et la recherche d’un meilleur bien-être.

Pourquoi partent-ils ou plutôt continuent-ils à partir ? Vaste question qui peut être analysée à l’aune de la situation économique des pays d’où ces candidats aux départs sont originaires. Les mêmes raisons, économiques, qui poussaient les premiers migrants à partir, n’ont semble-t-il pas changé. Covid-19 ou pas Covid-19. Pour celui qui jure par ce slogan : « Barça ou Barzax » (Barcelone ou la mort, en wolof), la pandémie ne constitue qu’une pichenette.

Au Sénégal, les journaux rapportent que 105 candidats à l’émigration clandestine et 13 passeurs ont été interceptés en l’espace d’une semaine.

Pas plus tard que ce mardi 22septembre 2020, 14 candidats à l’émigration clandestine, qui se préparaient à rejoindre l’Espagne par voie maritime dans une embarcation de fortune, ont été interceptés à la cité Tacko, à Rufisque, par la Section de recherches (Sr) de la gendarmerie.

Selon le quotidien dakarois Libération, les pandores ont été informés de la présence d’un groupe de personnes logeant dans une maison en construction. La Sr a ainsi mis en œuvre un plan de surveillance qui aboutira, au bout de trois jours d’intenses observations et de filatures, à leur interpellation.

Les personnes interpellées, 13 de nationalité sénégalaise et une de nationalité malienne avaient déjà remis entre 250.000 francs CFA et 300.000 francs CFA à deux passeurs dont l’un a été interpellé.

Ces derniers temps, les cas d’émigration clandestine vers l’Europe se sont tellement multipliés que la presse sénégalaise en a fait ses choux gras. Le quotidien gouvernemental, Le Soleil relate l’arrestation de 73 personnes en partance pour l’Espagne. 72 Sénégalais et 1 Gambien, tous âgés entre 18 et 25 ans. Parmi eux, il y avait 7 femmes et un enfant de 2 ans. Elles ont été Interpellées et placées en garde à vue à la gendarmerie de Fimela.

C’est à partir du quai de pêche de Djifer que ces migrants clandestins embarquaient à bord de petites pirogues pour rejoindre une autre grande pirogue qui les attendait sur l’Ile de Diogane dans la commune de Bassoul.

Leur plan de partir en Espagne de manière irrégulière a été déjoué mercredi 23 septembre 2020, vers 22 heures par les gendarmes qui auraient reçu une alerte.

Une enquête a été ouverte et les quatre membres de l’équipage de la grande pirogue ont également été arrêtés et placés en garde à vue.

Ces personnes ont eu plus de chance que les 3 membres d’une même famille, demeurant à Touba, qui ont péri, le 3 septembre 2010, en tentant la traversée en mer sur une pirogue, pour gagner l’Espagne.

Selon Charlie Yaxley, porte-parole du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en charge de la Méditerranée dans une interview sur euronews.com« de nombreux réfugiés souhaitent toujours voyager, et cela n’a pas arrêté les bateaux. Avec beaucoup de migrants qui souhaitent partir pour des raisons économiques. » (https://fr.euronews.com/2020/08/11/le-covid-19-accelere-t-il-les-arrivees-de-migrants-en-europe-le-hcr-repond-a-euronews.)

Ces dernières semaines ont été marquées par une hausse des arrivées de migrants en Europe, en particulier en provenance de Tunisie. Selon le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en charge de la Méditerranée, à la date du 21 septembre 2020, 53 000 migrants ont traversé la Méditerranée. L’Italie, l’Espagne, la Grèce sont respectivement les premières destinations.

Les migrants arrivent pour la plupart d’Afrique du Nord (Tunisie, Algérie, Maroc).

Le site d’information algérien, aps.dz, visité le 24 septembre rapporte l’interception, par les unités de plongées relevant des garde-côtes, dans la nuit de lundi à mardi, de deux embarcations, au large à 12 miles nautiques (22 kilomètres), à quelques 10 kilomètres à l’Est de Mostaganem. A leur bord 32 candidats à l’émigration clandestine. (http://www.aps.dz/regions/110020-mostaganem-mise-en-echec-de-quatre-tentatives-d-emigration-clandestine-et-arrestation-de-51-personnes)

Cependant, l’Afrique de l’Ouest n’est pas en reste. La Côte d’Ivoire, le Mali et la Guinée constituent le peloton de tête.

Dans cette partie du continent, les récentes crises politiques peuvent expliquer les départs de migrants vers l’Europe. En effet, le Mali est affecté depuis longtemps par une crise sécuritaire avec la présence de groupes armés terroristes sur 2/3 de la superficie. Récemment, le 18 août, un coup d’Etat militaire sans effusion de sang est venu déposer le président Ibrahim Boubacar Keita.

En Côte d’Ivoire et en Guinée, les présidents sortants briguent chacun un troisième mandat après avoir modifié la Constitution. Des manifestations avec mort d’hommes ont déjà été notées, en entendant la tenue prochaine de ces deux scrutins.

Avec l’assouplissement des restrictions de déplacements un peu partout dans le monde, l’émigration reprend de plus belle. Causée pour une grande part par la pauvreté, les conflits, le sentiment d’insécurité et la recherche du bien-être.

 

Article rédigé par le journaliste Amadou Ba.

Vous pouvez lire l’article en espagnol ici.

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